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Entretien avec M. Chabi de la marque artisanale AL MATJAR

par | 9 Déc 2020 | Economie, Interview | 0 commentaires

Pouvez-vous vous présenter, s’il vous plaît ?

Mohamed CHABI, 37 ans, né à Marrakech, propriétaire de l’enseigne AL MATJAR dans le souk semmarine, dans la médina de Marrakech.

J’ai un bac +6 dans le domaine du commerce international. J’ai travaillé pendant quelques années, à l’issue de ma formation, dans le secteur de l’immobilier au Maroc. Après cela, j’ai eu l’opportunité, avec un ami qui est devenu mon associé, d’acquérir un très bon magasin dans le souk. Ma relation avec le souk existe depuis longtemps, puisque mon père est dans le souk depuis plus de cinquante ans dans un autre magasin. J’ai acquis ce magasin il y a près de dix ans. On s’est spécialisés dans la vente en gros, dans l’optique d’attirer le maximum de commerçants à l’étranger, car c’est un moyen d’avoir des ventes régulières tout au long de l’année. On a cherché à avoir peu de gains, mais de manière régulière, avec un bon fonds de roulement.

Comment vous est venue l’idée de créer votre marque ?

L’idée m’est venue grâce à mes clients, qui me demandaient de leur livrer à l’étranger leurs achats effectués dans les autres boutiques. Au fil du temps, j’ai pu cerner quels étaient leurs goûts et j’ai su quels sont les articles issus du souk qui se vendent le mieux. On a donc décidé, mon associé et moi, de créer la marque Al Matjar à la suite de ce constat. J’ai donc commencé à créer mes propres produits en surfant sur les goûts de mes clients et ma touche personnelle. Je crée principalement des sacs et des pochettes en kilim (laine, soie, coton).

Quels sont les articles qui se vendent le mieux à l’export pour vous ?

On vend à l’export principalement des sacs en kilim, des boîtes en fil, la verrerie traditionnelle Beldi. On vend un peu de tout : des accessoires, de la déco…

Où sont conçues vos créations ?

Pour les sacs et les accessoires, c’est un monsieur qui travaille avec moi qui les confectionne. Pour les autres articles, je connais des artisans que j’oriente vers ce que je veux…

Quels sont vos canaux de vente à l’heure actuelle ?

Nous ne vendons pas sur Internet. Nous avons essentiellement un site vitrine. Nos clients vendent sur Internet ou dans des boutiques physiques en Europe. En revanche, nous envisageons de vendre sur des marketplaces dans le futur…

À quel degré avez-vous été impactés par la crise sanitaire ?

Nous avons été fortement impactés. Du 15 mars au 15 juillet, nous n’avons vendu que 10 % de nos produits, par rapport à notre chiffre d’affaires habituel. Après le 15 juillet et la réouverture des frontières, nos clients nous ont recontactés de manière progressive. Nous dépendons beaucoup des Européens : nos clients sont composés majoritairement d’Européens. Aujourd’hui, nous sommes à 30 % de notre chiffre d’affaires habituel.

On a passé un bon moment sans activité, à la maison, en famille. Cela a été très dur. Pas seulement pour nous, mais aussi pour nos clients. Tout le monde a été impacté. Seuls les e-commerçants du souk ont tiré leur épingle du jeu dans cette crise, car ils étaient en ligne, sur des sites de vente, tels que Etsy ou Amazon…

Quel est votre avis sur l’évolution de l’artisanat marocain au regard de la situation actuelle ?

L’artisanat au Maroc est en plein développement. Il commence à avoir une image à l’échelle internationale de qualité. L’artisan marocain est devenu créatif et il est plus innovant. Il travaille mieux qu’avant, à mon sens. L’artisanat marocain se développe bien et il bénéficie d’une image positive dans le monde. C’est un secteur très prometteur. Il faut juste bien l’entourer, bien l’encadrer et le structurer. Il faut surtout aider les artisans et les commerçants dans le domaine du transport et de l’export, c’est-à-dire assouplir les procédures, pour pouvoir acheminer la marchandise plus facilement au client final.

C’est un secteur qui se développe très bien et qui commence à avoir beaucoup de demande. Il faut savoir que les touristes ont beaucoup aidé les artisans. Ce sont eux qui ont permis aux artisans de suivre les nouvelles tendances occidentales en matière de déco, de mode, etc. Ils ont orienté, avec leurs demandes, les artisans vers les goûts des touristes étrangers… Les artisans se sont donc adaptés et ont suivi les goûts des touristes en occidentalisant parfois leurs créations à la demande du client. Nous-mêmes, avec nos tapis, avons été amenés à répondre aux demandes de nos clients étrangers, qui nous demandaient d’alléger ou d’ajouter des motifs et/ou couleurs aux tapis. Nous allions donc transmettre cela aux artisans, et c’est ainsi que les artisans eux-mêmes ont, par la suite, suivi les tendances du marché occidental… Je reconnais que le tourisme nous a aidés dans ce sens, en rendant l’artisanat marocain plus novateur et plus créatif…

Quelles sont, d’après vous, les solutions qui devraient permettre de relancer le secteur de l’artisanat à l’issue de cette crise ?

Ce que j’aimerais, c’est que l’État, après la reprise, fasse des réductions au niveau des impôts, qu’il relance le secteur touristique marocain à l’étranger, c’est-à-dire qu’il vende la destination Marrakech à l’échelle internationale, d’une manière différente, en nous amenant de nouvelles clientèles d’Asie et d’ailleurs… J’entends par là la mise en place d’une nouvelle dynamique touristique. Cela serait bénéfique pour tout le monde… C’est encore mieux que de nous verser des aides, parce que l’État n’est pas responsable de cette crise sanitaire : il ne peut pas nous aider financièrement éternellement.

Entretien réalisé par Amina ELTMALI.

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